extrait de Ferro Flash no 57 (https://www.tassignon.be/trains/PDF/F%20F%20CFC-RMM_57.pdf)
Cette locomotive à vapeur sans foyer, appelée aussi locomotive à eau chaude, a été numérotée au CFV3V : GV59 ; le CFV3V marque ses engins de traction en style de chiffres SNCB du temps de la vapeur, mais remplace les 2 premiers chiffres (indiquant la série SNCB) par 2 lettres qui désignent l’entreprise où était la loco avant de venir prendre du service au CFV3V ; c’est ainsi que AD = André Dumont (Waterschei), MF = Monceau-Fontaine (Charleroi), GV = Glaverbel, GH = Grand Hazard, CA = cockeries d’Auderlues (Hainaut), DG = Demanet Gosselies (Charleroi), etc…
Caractéristiques de la GV59 :
C’est une 2 essieux accouplés (020) – le φ des roues est de 0,940 m – les cylindres se trouvent en dessous de la cabine de conduite – ce sont 2 cylindres horizontaux extérieurs, distribution par tiroirs et coulisses Walschaert sans condensation – son réservoir a un volume de 14,5 m3 et porte 2 indicateurs de niveau d’eau à tubes de verre avec protecteur métallique ajouré – sa pression maximum d’utilisation est de 16 Kgr/cm2 (son manomètre est prévu jusque 25 Kgr/cm2 pour les épreuves hydrauliques) – son poids est de 23,425 tonnes – sa puissance est de 219 Kilowatts – Elle est fabriquée par la S.A. « Les Ateliers Métallurgiques à Tubize » en 1941 sous le n° 2259.Fonctionnement : on remplit le réservoir d’eau froide jusqu’au niveau indiqué (voir indicateurs de niveau d’eau). à partir d’un générateur de vapeur on injecte (via la vanne de remplissage du réservoir) la vapeur ; cette vapeur arrive dans le réservoir par un gros tube percé de plusieurs trous (ce tube se trouve dans la partie inférieure du réservoir) au début de l’injection, la vapeur au contact de l’eau froide se condense, mais réchauffe l’eau ; l’eau devenue alors assez chaude permet que la pression monte. Lorsque la pression de 16 Kgr/cm2 est atteinte, la locomotive est prête à travailler ; la vapeur arrive dans les cylindres via un détendeur et fait travailler les cylindres comme dans une loco vapeur traditionnelle.
Un peu d’histoire : Dynamit A.G. à Troisdorf (Allemagne) commande (n° de cde 4600) en 1939 6 loco sans foyer (n° fabrication 2256 à 2263) à Tubize. Le 7 mars 1941 a lieu dans les ateliers de Tubize à Nivelles la 1ère épreuve hydraulique de mise en usage de la « chaudière ».
Suite à la 2e guerre mondiale, cette loco au lieu de prendre du service en Allemagne, prend du service à Zeebrugge à la S.A. Union des Verreries Mécaniques Belges. Le 11 février 1953, les établissements « Charles Rocquet et Co » de Vilvoorde reçoivent la loco pour réparations et contrôles. La loco est alors dirigée vers l’Union des Verreries Mécaniques Belges – division de Lodelinsart – où elle prend du service. Elle reçoit une visite intérieure le 13 mars 1956. Elle est transférée du raccordement de Dampremy (Charleroi) jusque Mariembourg (LMG) CFV3V, le vendredi 20 juillet 79 tractée par la locomotive à vapeur du CFV3V : AD05.
Sans utilité pour le CFV3V, cette locomotive a été transférée et est désormais visible au Bois du Cazier à Marcinelle.

